lundi 16 mai 2016

Moi et... les autres...

Hier après midi nous sommes rentrés de notre week end à Bruges (ouiiii c'était super merci!). De ce fait, il me fallait donc lutter de nouveau contre ma peur des transports en communs en prenant encore le train.
L'aller s'était plutôt bien déroulé, nous étions partis le matin, j'ai eu deux moments de stress mais que j'ai réussi à gérer sans drame.
Le retour par contre...
Le premier train, un régional nous emmenait de Bruges à Anvers. Durée 1h50. Montons donc dans le wagon... Rempli de scouts... Anarchie totale, boucan phénomal, et crise de panique quasi immédiate, malgré le casque anti bruit (super sexy) que mon homme m'a mis sur les oreilles. Obligés de changer de wagon au premier arrêt (au bout de 40 minutes) pour enfin trouver calme et sérénité...
Donc déja bien secouée, nous arrivons à Anvers, et prenons nos places dans le Thalys.
Et là, c'est le fameux bébé bruyant...

Comprenez moi bien... Un bébé qui pleure c'est chiant... Mais un bébé qui pleure c'est pas de la faute des parents,c'est un bébé ça pleure, mais on apprécie dans ces cas là que les parents l'emmènent sur les passerelles...
Là on avait droit au"bébé" (je mets les guillemets parce que pour moi quand ça marche c'est plus vraiment un bébé) désoeuvré qui a donc décidé de jouer pendant 15 bonnes minutes à claquer la tablette de son siège, puis à gambader partout en poussant des "lalala lalilou" bien fort sans que personne ne trouve rien à redire...
Compte tenu de ma "condition", je suis extrêment sensible aux stimulis extérieur, je n'arrive pas à ne pas focaliser dessus, ça me met dans une rage folle, ça m'agace à un point inimaginable, ça peut me mettre dans un état pas beau à voir.
Je ne dis pas ça pour que vous vous mettiez de mon côté, je pense que tout le monde en aurait eu bien marre de ce gamin, et surtout, surtout, de l'absence totale de supervision de la part des parents! Rien n'était fait pour qu'il soit moins chiant! Il en a même fait aboyer notre chien qui apparemment, comme moi, ne supportait pas les claquements secs de la tablette...
Quasi à la fin du trajet, mon homme, aussi blasé que moi et qui a du mal à me voir aussi agitée, s'est permis une réflexion... Et là alors attention, tout le wagon court à la défense de ce couple de parents incompétent en nous disant "ah bah oui mais c'est un bébé, un bébé ça fait du bruit, vous comprenez pas parce que vous en avez pas, et pis c'est les transports en commun et c'est comme ça..."
Ah...
J'ai empêché mon homme de rentrer dans un débat qui nous aurait fait plus de mal que de rien mais depuis hier soir vraiment, ça me reste en travers de la gorge...
Qu'est ce que c'est que ces inepties?
Comme je l'ai dit précédemment, je comprends très bien qu'un bébé soit plus bruyant que la moyenne, ce que je ne comprends pas c'est qu'on le laisse agir comme un petit roi en se moquant totalement du désagrément que ça entraîne autour de soi parce que "c'est un bébé, un bébé ça fait du bruit"...
Et cette phrase "vous comprenez pas parce que vous en avez pas"... Donc parce que j'ai fait le choix de ne pas avoir de bébé je me dois de supporter l'incompétence des autres à les éléver? Non je suis désolée mais alors là je ne suis pas du tout d'accord! Ca n'a rien à voir avec le fait d'aimer ou pas les enfants, et je ne suis pas un tyrant qui veut les baillonner quand ils jouent dans le jardin, moi je parle d'éducation! Un bébé ça fait du bruit c'est un fait. Un bébé ça s'élève c'est un autre fait. Et si ton bébé il est super chiant et qu'il fait plein de bruits pourquoi tu imposes ça à la communeauté sans rien faire?
M'en serais je sortie aussi bien si mon chien avait décidé de grogner et d'aboyer tout le voyage parce que "c'est un chien, un chien ça aboie"?... J'en doute...
Qu'est ce qu'on en déduit? Que mon chien est mieux élevé que leur gamin?

Honêtement je ressens un profond découragement sur la société qui m'entoure... J'ai été bien élevée (je ne me lance pas des fleurs je considère que bonjour madame-merci madame-mouche ton nez etc c'est normal). Et dans mon éducation on m'a appris un principe très très très simple: ne fais pas aux autres ce qu'on n'a pas envie qu'ils nous fassent.
En pratique ça veut dire quoi... Que je ne prendrai jamais un coup de fil dans le train en parlant soudainement super fort (les gens qui n'ont toujours pas compris que c'est pas parce qu'on t'appelle de loin que t'as besoin d'augmenter le volume), que je ne laisserai pas mon chien aboyer sans rien faire, que je ne laisse pas mes affaires dans le passage, que je ne mettrai pas de musique dans mon jardin, que je fais attention au volume de ma télé, que je préviens mes voisins si je devais faire une soirée...
Comment se comporte les autres?
Les autres ils laissent leur enfants jouer au football contre la cloture en bois qui borde nos jardins respectifs sans rien leur dire, ou alors ils les laissent hurler à la mort dans le jardin parce qu'il faut bien qu'ils se défoulent... Les autres ils allument leur enceintes dans les transports en pensant que tout le monde se réjouit d'entendre leur musique de merde... Les autres ils iraient garer leur vélo devant les fenêtres de votre maison... Ils sont quatre dans le train ils vont converser comme s'ils étaient seuls au monde sur la terrasse de leur maison de campagne...

J'ai vraiment l'impression qu'on est passé de "on est en communeauté faisons nous petits pour que personne ne dérange personne" à "on est en communeauté alors tout le monde fait un max de bruit et on doit faire avec"...

Moi je peux pas supporter ça...
J'en ai marre de faire autant attention et de passer pour la méchante quand au bout d'1h30 on daigne dire à des mauvais parents qu'ils devraient peut être faire quelque chose pour que leur gamin soit plus silencieux...

Mais on passe pour des vilains méchants sans coeur...
Bouhou t'aimes pas les enfants!
Bouhou bouhou bouhou!

Non c'est pas que j'aime pas les enfants... J'aime pas la façon dont vous éduquez vos enfants... Et je vous aime pas non plus...

Il est 7h56 ça fait 12h que ce voyage du retour est fini et j'en ai encore les larmes aux yeux, j'en tremble encore et je sais que toute ma journée d'aujourd'hui, voir de demain, va en subir les conséquences...
Mais ça les mauvais parents du train ils en ont rien à foutre... On est juste des méchants qui n'aiment pas les enfants...

lundi 9 mai 2016

Aujourd'hui j'ai pris le bus.

La semaine dernière a été pleine d'exercices comme dirait ma psy, de réussites comme je préfère les appeler!
La semaine dernière je suis allée à un concert en incluant train et tramway!
La semaine dernière je suis allée au restaurant avec mon homme!
La semaine dernière j'ai fait 16km de vélo et je suis allée à la plage!
La semaine dernière j'ai joué la parfaite hôtesse en recevant ma belle famille!
La semaine dernière je suis allée au cinéma!

Même si je suis très contente d'avoir pus faire tout ça, ce ne fut bien évidemment pas sans difficulté!
Mais ce dont je suis la plus fière, c'est du fait qu'aujourd'hui j'ai pris le bus.
J'ai pris le bus deux fois.
J'ai pris le bus deux fois pour des trajets de plus de 20 minutes.
J'ai pris le bus deux fois pour des trajets de plus de 20 minutes toute seule!

Prendre le bus c'est un acte anodin pour beaucoup de gens.
C'est difficile d'expliquer pourquoi pour moi prendre le bus toute seule c'est plus difficile qu'aller à un concert avec mon homme...

Les transports en commun ça reste ma bête noire, c'est ça qui me fait le plus peur, le plus angoisser, qui me fait paniquer.... 

Normalement je ne l'aurai pas fait. Je n'aurai même pas essayé. Mais hier j'ai crevé mon vélo. Alors pour aller voir ma psy je n'avais pas le choix.

Je suis fière de moi mais je suis maintenant vraiment épuisée et émotionnellement également.
Allez expliquer ça aux gens que faire un trajet de bus banal puisse vous rendre aussi faible, aussi fragile...

Mais je l'ai fait! Aujourd'hui j'ai pris le bus! Toute seule! Sans mon chien! Sans écouteurs! Sans rien!

samedi 7 mai 2016

Moi et les trolls...

article écrit le 5 mai 2016

Sur Facebook je suis différentes pages publiques: informations, magazines féminins, conneries marrantes... Et à chaque publication, je suis attérée par la négativité dégagée par les commentaires... Pas même relative au sujet du post, mais contre d'autres internautes qui ont voulu exprimer leur opinion, faire une blague, ou autre...
D'ordinaire je ne lis pas ces commentaires parce qu'ils me dépriment... Parce que je suis attérée par le stupidité et la méchanceté de ces trolls... Mais hier soir, en rentrant du restaurant avec mon homme, j'étais un peu tipsy et je me suis vraiment amusée à les provoquer, comme un toréador agitant sa cape rouge... Et il y en a une qui a mordu à l'hameçon (oui on passe de la corrida à la pêche c'est comme ça!)... Et mon Dieu quelle étroitesse d'esprit, quel premier degré... Au lieu de répondre sérieusement à ses commentaires, d'appliquer une logique pour démonter ses arguments illogiques (je dis qu'en Europe c'est l'heure d'aller se coucher, elle me répond qu'il faut que j'arrête de croire que je suis la seule à vivre en Europe...) , je ne faisais que des blagounettes qu'elle n'avait pas l'air de comprendre, et auxquelles elle répondait en utilisant un ton paternaliste et supérieur...
Rappelons que le post initial racontait l'histoire d'une femme qui quittait son emploi pour un long voyage en bateau avec son chat... Un sujet délicat ayant de quoi soulever les tensions...
Hier soir je me suis amusée de cette situation...
Mais que c'est triste...
Que c'est triste de disposer d'un outil aussi génial qu'internet pour se faire écharper pour une opinion différente, une faute d'orthographe, ou juste parce qu'on est là...
Qu'il est triste de constater ces mauvaises herbes qui s'épanouissent dans tant de négativité, tous ces gens qui ont besoin d'en rabaisser d'autres pour se sentir mieux dans leur peau...
Je sais que j'enfonce ici une porte ouverte mais je suis triste de constater que les trolls ont pris le pouvoir. On ne peut rien faire pour les raisonner, ils sont allergiques à la logique. On ne peut que les éviter en ne lisant plus les commentaires et en n'en postant plus. Qui a envie de se faire insulter parce qu'on a dit qu'on avait le mal de mer? Ils ont gagnés... Qu'ils prennent nos commentaires, je garde ma fierté.

mercredi 4 mai 2016

Dans ces moments là...

Hier soir j'ai eu un moment de totale panique parce que mon tatouage sur mon avant bras a complètement gonflé et me démangeait beaucoup. Les scénarios catastrophes s'enchainaient dans ma tête et l'amputation de mon bras gauche me semblait une option tout à fait possible...
Un e-mail et une réponse de ma tatoueuse plus tard, j'étais complètement rassurée!
Je sais qu'un jour j'arriverai à contrôler ma panique des lieux publics et endroits fermés, mais le stress de la vie quotidienne, exagérer les conséquences possible de chaque problème... Est-ce que j'arriverai à gérer?
J'essayais d'expliquer à mon homme hier que c'est dans ces moments là où j'ai envie de tout laisser tomber, où je me dis que ça n'en vaut pas la peine, que même si j'irai peut-être mieux, je ne serai jamais "normale"...
Quand j'étais au plus bas, j'avais développé une sorte d'anasthésie aux sentiments, aux émotions... J'étais constamment triste. Et c'était tout...
Maintenant que je recommence à ressentir des choses, ces moments de panique me fontomber de si haut qu'ils me plongent dans un intense desespoir...
Dans ces moments là je perds toute logique, tout contrôle, toute fierté...
Et le bonheur de la victoire, d'avoir surmonté une peur en me rendant à un concert à Amsterdam, est immédiatemment remplacé par le pessimisme, par le sentiment que quoi que je fasse et combien je me batte importe peu... Parce que mon dark passenger ne me laissera jamais tranquille...

C'est comme ça que je me sens dans ces moments là...

mardi 19 avril 2016

I couldn't do it...

Je me douche, je me maquille, je choisis avec soin ma tenue, mon nouveau cardigan avec des flamants roses, je prends un selfie, je me trouve presque jolie...
Mon homme rentre, on va promener le chien, le stress commence à m'envelopper la poitrine... Je résiste à prendre la pilule magique... Ce n'est pas comme ça qu'on progresse... 
On marche jusqu'à la gare, je recharge ma carte, on attend le train, il est quasi vide, c'est un intercity (le moins pire), on va jusqu'à Amsterdam en papotant.
En arrivant à la gare je le sens déja moins... Il fait froid... Il y a du monde...
On s'engouffre dans le métro.
Sur le quai la pression monte...
Il n'y a pas spécialement de monde mais je vois chaque personne en slow motion...
Notre métro arrive, on monte dedans et là... C'est non...
Les larmes coulent, je me mets à trembler... Je peux pas... Il y a trop de stations... Il est tard... Et si le métro reste bloqué entre deux stations? Je pourrai pas supporter... J'ai l'impression que mon estomac joue de l'accordéon avec lui même... Je sens mes forces me quitter et je pleure...
Alors on est descendu...
Alors on est rentré à la maison...
Alors on n'a pas pus aller au concert de Noel Gallagher...
Alors on a perdu du temps, de l'argent...
Alors je ne sais pas si je suis capable d'aller à un concert puisque je n'arrive pas à prendre le métro...
En tous cas hier je n'ai pas réussi...
Mon homme n'a cessé de me répéter qu'il est fier de moi, que c'est déja beaucoup, qu'il s'en fout du concert, qu'il s'en fout de l'argent du concert, de ne pas me sentir coupable...
Mais je me sens coupable... Je me sens triste... J'ai l'impression de l'avoir laissé tomber ainsi que tous ces gentils messages sur ma photo sur facebook hier soir...
Non je n'ai pas pus y aller... Non on n'a pas pus passer une bonne soirée à boire des bières en regardant un bon live...
Je veux tellement aller mieux que je fais encore des projets sans savoir s'ils sont réalisables...
Ma psy m'a dit de bien écouter mon corps, de ne pas forcer pour ne pas revenir en arrière, et qu'il y aura des fois où je n'arriverai pas à faire des choses que j'arrivais à faire avant... 
Ca reste tellement difficile... 
Hier je n'ai pas pus prendre le métro.
Hier je n'ai pas pus aller au concert.
Hier je me suis sentie très très crappy...
Alors aujourd'hui je ressens encore le contrecoup, je suis allée promener mon chien et je me sentais tendue, stressée à l'idée qu'il se batte avec un autre chien, que quelque chose arrive... Je me sens fatiguée... Triste... Et déçue de moi même...
Et ça se matérialise par encore plus de shopping en ligne...

mercredi 6 avril 2016

Sleeeeeeeeepy

En ce moment c'est difficile pour moi de garder les yeux ouverts...

Avec mon Dutch on a fêté notre première année de bécotage intensif. Pour l'occasion on a échangé les cadeaux et j'étais heureuse d'être agréablement surprise par le sien! Chaque jour il me montre à quel point il est super!
On a été au restaurant pour fêter ça, et il s'était assuré qu'on ait une table près de la fenêtre, pour que je sois à l'aise, ce qui a été le cas.
Je me rends compte avec plaisir qu'aujourd'hui j'arrive à aller au restaurant, à la journée porte ouvertes de l'opéra national (ok en faisant une mini crise de panique dans la salle - en même temps quelle idée pour l'ouvreuse de m'installer en 2eme balcon tout au milieu???), à une comédie musicale... Je suis contente de pouvoir ressortir un peu, même si chaque sortie me draine de toute mon énergie... Trois heures dehors pour moi c'est l'équivalent d'une semaine de travail intensif pour une personne normale... Je finis ma journée avachie sur mon canapé, dormant à moitié, luttant pour soulever la télécomande...
Mais au moins maintenant j'y arrive...

Ce matin j'ai également fait des analyses car il se pourrait que ma dépression ait des origines physiques plutôt que mentales. On en saura plus d'ici lundi.

Je continue à faire des projets, dont le mariage de mon ami Markus, je suis vraiment touchée d'avoir été invitée, et j'espère que nous pourrons nous y rendre.
Je continue à faire du shopping de façon compulsive, je dois l'avouer...

Je suis toujours très très très fatiguée...
J'ai du mal à faire des choses contructives... Toujours...
Mais on va y arriver...
On va y arriver...

Aussi, pas de nouvelle de ma mère depuis notre dispute. J'ai décidé de faire un pas de plus, pour avoi une explication. On va voir ce que ça donne... Mais je ne suis pas convaincue...

lundi 21 mars 2016

Allô Maman bobo...

On dit que c'est dans l'adversité que l'on reconnaît ses vrais amis... Mais qu'en est il de sa famille?
Je me suis souvent étalée ici sur l'abandon de mon père et ses conséquences... Me voilà arrivée au point où j'ai besoin de parler de ma mère...

Elle et moi on a eu des relations tendues pendant mon adolescence, et les choses ont dégelées quand j'ai quitté le domicile familial à 19ans. On a commencé à se voir parce qu'on en avait envie et plus par obligation.
Moi, je trouvais ma mère super cool : je pouvais sortir avec elle et mes amis, elle ne jugeait pas nos soirées, elle allait en concert métals, en festivals... Et on était en plein dans les dramas juridiques avec mon père, donc sa présence m'était d'autant plus précieuse, comme un contraste éclatant avec l'absence de celui-ci...

Seulement même si on s'amusait et que je l'idéalisais, on n'a toujours pas réussi à être proches... En même temps, être vraiment proche de quelqu'un a toujours été difficile pour moi... Oui je peux raconter ce qui m'arrive, comme un narrateur externe... Les sentiments? Ils me paraissent évident. Et si on ne me questionne pas dessus, je ne vois pas l'intérêt de les balancer au visage des gens...
Du fait de l'hypersensibilité de ma famille, j'ai toujours été génée, embarassée par les sentiments, et n'ai jamais ressenti de soulagement à déballer les miens...
On me l'a souvent reproché "tu ne nous dis rien", "tu gardes pour toi"... Comme si je devais m'ouvrir pour les autres... Si ça me va à moi de ne pas pleurnicher au téléphone pour un oui ou pour un non... Devrais-je m'ouvrir juste pour les autres? C'est un concept qui m'a souvent dépassée...
Il n'empêche que ce concept, ce manque d'étalage de sentiments et d'émotions, m'a souvent été reproché par ma mère, toujours à me gronder que je ne raconte rien... Moi j'ai toujours trouvé cela "amusant" qu'elle se dise que ça vienne de moi... Parce qu'effectivement je me confie et m'ouvre peu, mais peu ne veut pas dire jamais... Il y a des personnes qui réussissent à m'ouvrir, auxquelles je me confie même si ce n'est pas souvent... Ma mère ne fait pas partie de ces personnes...
Seulement, après maintes et maintes réflexions comme quoi "mais je suis ta mèèèère tu peux tout me dire", et maintenant que je suis en dépression, j'ai décidé d'ouvrir mon coeur à ma mère, j'ai décidé pour la première fois de l'appeller au secours. Parce que c'est la première fois que je suis face à quelque chose plus gros que moi, que mes sentiments m'étouffent, que j'ai besoin d'aide pour remonter à la surface...
Et la réponse de ma mère est des plus décevante...

De mon côté, ce que je vois, c'est un détachement... Avant on se téléphonait, plus maintenant... Quand je lui demande de venir me voir (demander quel euphémisme c'était une avalanche de message pour qu'enfin elle me donne une date...), elle menace d'annuler sa visite pour des broutilles, et quand elle est là, elle se comporte en invité pour les choses importantes, est sans gêne pour celles sur lesquelles elles devraient se réfréner, passe une journée à bouder pour une réflexion qu'elle a mal pris...
Et là, pour moi c'est une grosse blessure interne...

Je ne sais pas à quoi ça ressemble une famille "normale", je suppose qu'il y a autant de style différents qu'il y a de famille... Mais pour moi, appeler ma mère à l'aide c'était espérer être couvée, qu'on s'occupe de moi... Que ce soit dans le pratique; courses, ménage, etc... et dans le mental (viens on va se faire les ongles! et si on se regardait ce film rigolo?)... Mais non, moi j'ai eu une adolescente à la maison! Quelqu'un à distraire, à occuper... Quelqu'un qui avait l'air d'être venue pour passer un week end de dépaysement aux Pays-Bas et pas pour s'occuper de sa fille en dépression...

Depuis son départ (on parle du mois de janvier), aucun plan n'a été fait pour que l'on se retrouve...
Et hier, hier au cours d'une conversation sur facebook, j'apprends qu'une semaine de vacances est prévue entre elle, mon frère (incluant belle-soeur et nièce), et mon cousin (avec également sa petite famille) cet été... Et personne ne m'a invitée...
Alors oui on va me dire que le fait que ce soit mentionné compte pour une invitation, que j'exagère d'être vexée que c'est n'importe quoi et bla et bla et bla...
J'assume totalement le fait que ma dépression me rend parfois très paranoïaque, et que je n'ai plus de filtre! Mon tact s'en est allé et les choses sortent de ma bouche comme elles sont arrivées dans ma tête. Donc j'ai répondu que j'étais vraiment vexée.
Et encore une fois, je n'ai pas eu la réaction espérée...

Je comprends que je ne suis pas facile à vivre en ce moment, mais ce que je fais subir aux autres, ce n'est pas le 10ème de ce que je subis chaque jour... Ce que j'attends des autres? Pas qu'ils me guérissent... Pas qu'ils remettent en question les choix que j'ai fais pour me guérir (mais t'es sûre que ta psy elle est bien? et pourquoi tu prends pas de médicaments?)... Simplement qu'ils soient là pour moi, qu'ils s'intéressent à moi, surtout surtout qu'ils ne se formalisent pas quand parfois mon ton est sec, et qu'ils aient de la patience... Oui il y a beaucoup de choses que je prends mal et c'est parfois irrationnel, et c'est parfois exagéré, mais il faut me le faire comprendre... Ma mère, elle fait tout ce qu'il ne faut pas et dans cette dernieère situation elle m'agresse, se braque, puis c'est silence radio...
Trois psys, trois fois que ma relation avec ma mère est décortiquée, explicitée, trois fois qu'on me dit la même chose : je ne peux pas la changer.
Je le sais, mais là je suis vraiment vraiment déçue... Il ne s'agit plus pour moi d'une dispute comme on en a eu des centaines parce qu'elle se met à texter en plein dîner au restaurant... Pour moi c'est la preuve que ma mère n'est pas là pour moi... Qu'elle est incapable de se faire passer en second, de faire preuve d'un peu de maturité dans un moment où moi je ne peux pas prendre sur moi...

Alors maintenant je fais quoi?...
Couper les ponts me semble drastique, et mon unité parentale ne se composant que d'une personne, les conséquences risquent d'être assez déplaisantes...
Me replier dans le silence en attendant qu'elle fasse un grand geste qui me prouve son intérêt?... Je risque d'attendre longtemps...
Faire comme d'habitude? Quelques jours de silence puis se reparler comme si de rien n'était? Je ne crois pas en être capable... Quelque chose s'est vraiment brisé en moi, je me sens vraiment délaissée, je lui en veux vraiment...

Je me demande ce que ça fait de faire partit d'une famille unie, aimante, qui ne passe pas son temps à se disputer pour des broutilles et pour qui le bien être des uns et des autres compte plus que le sien...

Il semblerait que je sois également exclue de ma famille...